Sidney Olcott, le premier oeil

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2 janvier 2016


 

 

 

 

 

Les films de Sidney Olcott sortis en France

Plusieurs films de Sidney Olcott ont été distribués en France. Tout d'abord ceux de la Kalem. La firme au soleil éclatant ne se contentait pas du seul marché américain. Elle était très active à l'export. Dès 1908, elle dispose de représentants à Londres, Paris et Berlin. En France, on trouve trace de la projection de ces films dans les journaux spécialisés de l'époque. Ils sont distribués par l'agence Markt & Co, 45 Gerrard Street à Londres qui dispose d'une succursale 13, rue du Faubourg-Montmartre à Paris, dirigée par un certain R. Grossmann. Elle représente aussi Biograph, Lubin, Essanay et Selig. En 1911, c'est M. P. Sales Agency, 86, Wardour Street à Londres qui vend les films via sa succursale du 13, rue du Faubourg-Montmartre.

Les titres des films présentés sont des traductions littérales des titres américains. Parmi les films d'Olcott disponibles Ciné Journal annonce :
•  En 1911, Rory O'Mores (Rory O'More) ; La Colleen Bawn (The Colleen Bawn) ; La Forteresse roulante, l'attaque du train 62 (The Railroad Raiders of '62)...
•  En 1912, O'Neill (The O'Neill) ; Un patriote irlandais (Arrah-na-Pogue) ; Sa mère (His Mother) ; Visite à Gibraltar (The Kalemites Visit to Gibraltar) ; Voyage à Rome et à Pompéi (American Tourists Abroad)...

Le film le plus important d'Olcott à cette époque From the Manger to the Cross connaît une exploitation dans toute la France en 1913. Il est ainsi présenté le vendredi 13 décembre sous le titre De la Crèche à la Croix au Casino de Paris, 16, rue de Clichy (9e). La célèbre salle parisienne fait relâche deux jours durant pour permettre aux 70 musiciens de l'orchestre Pierre Sechiari de répéter. Le Figaro salue l'événement dans un long article à la une : "... les audacieux artistes de la compagnie Kalem sont parvenus à établir un film incomparable, reconstitution de la vie du Christ De la Crèche à la Croix, dont on peut dire qu'il est le plus merverveilleux que l'on ait encore vu, le premier qui inspire une émotion aussi intense, que noble, le seul qui satisfasse à la fois le plus religieux des croyants et le plus curieux des dilettantes...", écrit G. Davenay dans l'édition daté du 12 décembre 1913.

Il est à noter que le nom de Sidney Olcott n'est quasiment jamais mentionné. Ni celui des acteurs dans les films primitifs. C'est à partir des succès des films de Mary Pickford pour ques les journaux commencent à nommer les comédiens mais rarement les réalisateurs.

La Première Guerre mondiale contrarie la diffusion mondiale des films d'Olcott. Il faut attendre le 7 octobre 1921 pour que Peppina (Poor Little Peppina), avec Mary Pickford soit présenté au public parisien. Au cinéma Max Linder, 24, boulevard Poissonnière (9e), au Montrouge-Palace, 73, avenue d'Orléans (14e) et au Palais Aubert-Rochechouart, 56 boulevard Rochechouart (18e). Il y reste trois semaines. Le mois suivant, il traverse la Méditerranée pour être projeté à Alger au cinéma l'Olympia. Il avait été projeté en avant-première le 18 août à la salle Marivaux à Paris. Tourné en 1915, Poor Little Peppina était sorti aux États-Unis, en 1916.

L'Impossible mariage (Marriage for Convenience), produit par Frank Keeney Pictures et présenté en 1919 aux États-Unis, sorti un an plus tard à Paris, à l'Aubert-Palace, 24, boulevard des Italiens, Paris 9e, dès le 23 janvier 1920. Début février, il est à l'affiche du Moncey, 50, avenue de Clichy (18e), puis à Alger.

Je n'ai pas trouvé trace d'une projection de Scratch My Back ; The Right Way ; Pardon My French ; God's Country and the Law ni de Timothy's Quest.

The Green Goddess sort en France sous le titre de La Déesse rouge, le 8 mai 1925. Durant deux semaines dans la grande salle du rez-de-chaussée du Palais des Fêtes, 8, rue aux Ours, Paris 3e. Il est à l'affiche de L'Artistic cinéma, 61, rue de Douai (9e) et du Delta Palace, 17, boulevard Rochechouart (9e). Cinémagazine le chronique tout comme Robert Desnos dans Le Journal littéraire.

Patricia, le titre français de Little Old New York, avec Marion Davies, reste une semaine au Colisée, 38, avenue des Champs-Élysées, le 15 mai 1925. Il est aussi au Palais des Arts, 325 rue Saint-Martin (3e)  ; le Sélect, 8, avenue de Clichy (18e)  ; Barbes-Palace, 34, boulevard Barbes (18e)  ; Ciné Rochechouart, 66, rue de Rochechouart (9e). Il passe ensuite au Splendid-Cinéma, 60, avenue de la Motte-Piquet (15e) puis au Palace-Boulevardia, 42, boulevard Bonne-Nouvelle (10e). Patricia avait été présenté le 13 février 1925 à l'Artistic-Cinéma, rue de Douai (9e). Cinémagazine lui consacre une petite notice.


Œuvre majeure de Sidney Olcott, Monsieur Beaucaire est présenté à Mogador, 25, rue Mogador, Paris 9e, le 27 février 1925. La veille, l'orchestre a répété. Le film avec Valentino reste cinq semaines à l'affiche dans cette salle, jusqu'au 1er  avril. Il est ensuite, à partir du 10, au 5, boulevard des Italiens (9e) à l'Electric-Palace, durant 6 semaines. Le jour de Noël, il est encore à l'affiche au théâtre Marigny cette fois. Le 15 février 1926, pour la 100e représentation du film, un grand bal est organisé au théâtre à minuit trente. Le 20 mars, en matinée, c'est une séance de gala organisée au profit de l'Association des artistes lyriques des théâtres, anciens combattants. Il est resté trois mois et demi à l'affiche jusqu'au 1er  avril. Le 17 septembre 1926, il passe au Corso-Opéra, 27, boulevard des Italiens (2e). Et le 30 octobre au Delta-Palace, 17, boulevard Rochechouart (9e). Des films d'Olcott, Monsieur Beaucaire est celui qui est le plus commenté par la presse.

The Only Woman avec Norma Talmadge sort en France sous le titre Son Œuvre, le 5 septembre 1925. Il est projeté au Caméo, 24, boulevard des Italiens (9e). Le Film complet le raconte dans son numéro du 22 avril 1926.

Le 16 octobre 1925, La Charmeuse (The Charmer) avec Pola Negri, bénéficie d'une exploitation dans la grande salle Paramount de Mogador, 25, rue Mogador, Paris 9e. Il y reste deux semaines.

Pas de trace de The Humming Bird dans les journaux français. Sur Internet on trouve mention d'un titre en français : Les Loups de Montmartre. Rien de plus. Étonnant les aventures de Toinette se déroulent à Paris et Gloria Swanson est une mégastar dont les films ponctuent à rythme régulier la saison cinématographique. Salome of the Tenements, Not So Long Ago et The Best People, autant de films Paramount n'ont, semble-t-il, pas d'exploitation en France.


Des trois films tournés avec Richard Barthelmess pour First National, deux ont été présentés en France. D'abord The White Black Sheep a été exploité en France sous le titre Sous le Regard d'Allah. Il passe à partir du 22 juillet 1927 à l'Omnia-Pathé, 5, boulevard Montmartre, Paris 10e, où il ne reste qu'une semaine. Il avait été présenté en avant-première à l'Empire le 11 mai. Sous le Regard d'Allah est à nouveau projeté au Delta-Palace, boulevard Rochechouart (9e), le 17 août 1928 pour une semaine. Le Film Complet le raconte en cinéroman dans deux numéros, les 10 et 13 novembre 1927. Le 12 juin 1928, la revue édite aussi Un Gentleman amateur (The Amateur Gentleman). Tourné antérieurement, le film sort à Paris, le 6 avril 1928. Au Villiers, 21, rue Legendre (17e) pour une semaine. Puis au Mille-Colonnes, 20, rue de la Gaieté (14e).

Ranson's Folly, avec Dick Barthelmess n'est pas sorti en France de même que The Claw, le dernier film d'Olcott, produit par Universal, n'a pas non plus été projeté en France.


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